août 16 2009

Le financement du dialogue peut-il s’inscrire dans une démarche éthique ?

Published by Séance Publique at 8:45 under Dialogue, Ethique, Lobbying and tagged: , ,

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La clef d’une concertation réussie tient en sa capacité à générer de nouvelles idées.

Pour qu’une décision soit acceptée, il faut que les sphères publique et privée s’impliquent dans une dynamique d’échange, de partage et de co-construction. Les enjeux qui font l’objet d’une telle réunion touchent chaque citoyen et concernent tout un chacun, il est donc légitime de se demander dans quelles conditions le dialogue se prépare et de quelle manière il est mené.

D’abord, à qui revient-il de lancer le débat ? Quels doivent être les rôles des acteurs de la société civile,
des ONG et des entreprises ? La méthode utilisée lors du Grenelle de l’environnement donnait un rôle à chaque acteur, les intégrant dans le débat et dans la démarche de consultation mais les entreprises peuvent-elles lancer le débat autour des enjeux qui les concernent ? Est-il légitime qu’une entreprise s’inscrive dans une politique d’intérêt général ?

Ensuite, quel crédit accorder aux concertations qui sont financées ? On constate aujourd’hui l’émergence de nouvelles pratiques faisant intervenir décideurs publics et décideurs privés. Chacun crée son club, son « thinks tanks à durée limitée », certains élus se regroupent, appuyés par des financiers, ou créent des colloques à l’initiative de décideurs privés… Si le financement privé et la participation des entreprises peuvent sembler légitimes à certains, ne peut-on regretter le manque de transparence qui les caractérise ?Ne va-t-il pas dans l’intérêt démocratique d’afficher clairement sa participation ?

Surtout, convient-il de payer pour devenir un interlocuteur privilégié ? La participation au débat public peut-elle dépendre d’un engagement financier ?  Ce dernier ne porte-il pas préjudice au caractère éthique du dialogue public-privé ? N’éloigne-t-il pas du principe d’indépendance intellectuelle et d’ouverture que le débat appelle ?

Aujourd’hui, les décideurs publics et privés éprouvent de plus en plus le besoin de prendre en compte l’intérêt général, n’est-il pas temps d’engager des réformes pour une plus grande transparence ? N’est-il pas temps de réglementer la participation à ce type de concertation de manière à ce qu’elles tiennent plus du mécénat que du lobbying ?

Guillemette de DURFORT




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