L’imagination « ravageuse et sismique » d’Anne Bertoin

by Véronique Queffélec on mars 13, 2014

Je suis séduite par ce monde dévasté, où les valeurs que l’on croyait sûres semblent détruites. Où tout existe, non plus dans un cadre mais dans des cercles présents sur toutes ses œuvres,  tourbillonnants, engendrant le déséquilibre,  “l’essorage” et après… on ne sait pas. Personne ne le sait, ne peut le dire. Peut-être un autre monde, le même détruit, ou recomposé avec une âme ou sans.

Adieu les valeurs judéo-chrétiennes, le cartésianisme, toute forme de rangement.

J’imagine la réinvention, la recréation dans ces cercles, seule figure géométrique qui persiste. Paradoxe donc. Ils vous entraînent loin et vous contiennent. Ne seraient-ils les délices ou/et les affres de l’imagination? Finalement les peintures d’Anne Bertoin sont une dyade permanente. La conjugaison des opposés, des extrêmes avec qui nous jonglons pour  survivre. Et plus encore dans ces temps de crise que nous traversons.

Anne B. écrit peindre “des scènes catastrophes à l’origine incertaine”. Elles préfigurent ce qui se passe, la destruction de l’environnement,  l’explosion du système économique, social, “le rabotage” des egos, de l’égoïsme, de l’égotisme.

La psychologie fracassée de l’adolescente sans repère. Les scènes apocalyptiques encore fiction il y a peu deviennent presque notre quotidien.