Lobbying : influence et réseaux

by Véronique Queffélec on novembre 16, 2008

lobbying-influence-et-reseaux

En tant que consultante en affaires publiques, je considère que le lobbying est la science de l’influence. Pouvant se décliner dans tous les domaines : la politique, l’économie, la religion, l’humanitaire, la santé, la culture sous toutes ses formes…

L’efficacité du lobbying réside dans la discrétion. Le paradoxe est le fossé entre le résultat du lobbying qui s’étale à la une des media et l’action plutôt discrète du lobbyiste. Car l’influence la plus efficace est celle qu’on n’arrive pas à discerner.

Position parfois frustrante dans une société où le prime time et la communication sont rois.

La 3é guerre mondiale essentiellement économique se joue actuellement. Dans ce contexte, le lobbying devient encore plus une science quasi militaire. Nous avons une stratégie, des alliés, des opposants, un timing précis, des cibles, des munitions, et évidemment des réseaux, canaux de l’influence servant à véhiculer les messages. Leur importance est primordiale. L’éternelle question sur le « carnet d’adresses » résulte de la méconnaissance et de la perceptionpeople “du lobbying. Oui il faut un carnet d’adresses mais le bon lobbyiste doit pouvoir ouvrir rapidement n’importe quelle porte. Seule l’appartenance ou la pénétration sans faille de réseaux pertinents, influents, variés est fondamentale. Afin d’influencer du latin influere (couler dans) ; rendre fluide par ce network, une idée, un concept un argumentaire qui s’impose dans un registre variant du moindre mal à l’évidence et parfois à la révélation ou au mouvement d’opinion. La clé du pouvoir est dans l’influence plus que dans l’autorité. Expliquant la volonté exacerbée de médiatisation de la sphère politique et de quelques personnalités éphémères confondant visibilité et influence.

En Inde, le networking est échiquier subtil où s’imbriquent les castes bien qu’interdites par la Constitution, les religions, les sensibilités régionales, les langues, les partis politiques sans omettre les 23 langues officielles. C’est un jeu complexe. L’influence passe aussi par les réseaux du Commonwealth.

Le lobbying consiste à assembler le plus rapidement possible les morceaux d’un puzzle en permanente évolution. Grâce à l’influence des réseaux et la pertinence des données. L’influence est donc un jeu.

L’idée du lobbying est née puisque je vivais uniquement avec des frères. Je ne pouvais m’imposer par la force physique. Il fallait influencer autrement. Puis je vivais à Tuléar, Madagascar en brousse seule enfant blanc dans une classe de 52 élèves. Expérience unique qui dessine toute une vie. Je ne pouvais m’imposer sauf à vivre parmi eux en intégrant la culture le système et restant moi même. C’est l’apprentissage de mon premier réseau.